Moustique tigre à Marseille : comment s’en protéger ?

À Marseille et dans l’ensemble des Bouches-du-Rhône, le moustique tigre fait désormais partie du quotidien des habitants tout le long des mois de mai à novembre. Petit, rayé de noir et blanc, silencieux et piqueur de jour, il s’est installé dans le paysage urbain ; et la situation s’aggrave d’année en année. L’année dernière, en 2025, la région PACA a enregistré un nombre record de cas autochtones de chikungunya et de dengue, avec plus de 60 % des cas identifiés en France.

Les Bouches-du-Rhône figurent parmi les départements les plus touchés, classés en vigilance rouge depuis le printemps 2026. Mais alors comment se protéger du moustique tigre ? C’est un enjeu de santé publique !

Pourquoi le moustique tigre prolifère-t-il autant à Marseille ?

Le moustique tigre (Aedes albopictus) est un insecte urbain qui, contrairement aux moustiques classiques, vivent près des marais et des zones humides naturelles mais, malheureusement pour nous, il s’est parfaitement adapté à la ville.

Et Marseille est un terrain de jeu idéal pour lui !

Le climat méditerranéen, avec ses étés chauds et ses hivers doux, lui permet une saison d’activité particulièrement longue, de mai à novembre. Les épisodes de pluie suivis de chaleur accélèrent son cycle de reproduction, qui peut se boucler en moins d’une semaine dans des conditions favorables. Chaque femelle pond entre 100 et 200 œufs au cours de sa vie, toujours dans de petites quantités d’eau stagnante.

Et c’est là le point central : le moustique tigre n’a pas besoin d’un étang ou d’une rivière pour se reproduire. Un bouchon de bouteille rempli d’eau de pluie lui suffit ! À Marseille, autant vous dire que les sources de ponte sont partout : soucoupes de pots de fleurs sur les balcons, gouttières bouchées, bâches mal tendues, récupérateurs d’eau sans moustiquaire, pieds de parasol creux, jouets d’enfants oubliés dans le jardin, regards de descente pluviale, caniveaux encombrés… Chaque recoin peut être un foyer de reproduction.

Autre particularité importante : le moustique tigre vit dans un rayon de 150 mètres autour de son lieu de naissance. Alors, quand il vous pique sur votre terrasse, c’est qu’il est né chez vous ou chez votre voisin, une donnée essentielle pour comprendre que la lutte se joue d’abord à l’échelle du domicile et du voisinage immédiat.

Quels risques sanitaires représente le moustique tigre ?

Au-delà de la nuisance quotidienne (piqûres, démangeaisons, nuits perturbées), le moustique tigre est un vecteur avéré de plusieurs maladies virales : la dengue, le chikungunya et le Zika. En plus, le mécanisme de transmission est simple :

  • Une personne arrive à Marseille infectée par l’un de ces virus après un séjour en zone tropicale. Un moustique tigre local le pique, s’infecte, puis transmet le virus aux personnes qu’il pique ensuite dans le voisinage. C’est ce qu’on appelle un cas autochtone : une contamination qui a lieu sur le sol français, sans voyage.

Les chiffres de 2025 sont éloquents : en région PACA, 450 cas autochtones de chikungunya et 16 cas autochtones de dengue ont été recensés entre juin et novembre, répartis en 35 épisodes de transmission distincts. Les Bouches-du-Rhône figurent parmi les 3 départements les plus touchés ! Pour la première fois en France, le système d’alerte d’urgence FR-Alert a été activé à Antibes pour prévenir la population d’un risque lié au moustique tigre et lui rappeler comment se protéger des moustiques tigres.

Pour rappel : le chikungunya provoque des douleurs articulaires intenses, de la fièvre et une fatigue qui peut persister pendant des semaines, voire des mois. La dengue se manifeste par une forte fièvre, des maux de tête, des douleurs musculaires et, dans les formes sévères, des complications hémorragiques. Le Zika, moins fréquent en métropole, est particulièrement dangereux pour les femmes enceintes en raison du risque de malformations congénitales.

Mais alors, comment se protéger du moustique tigre ?

Se protéger du moustique tigre est possible via deux axes d’action complémentaires : réduire les lieux de ponte et se protéger personnellement contre les piqûres.

  • Supprimer les eaux stagnantes : c’est le geste le plus efficace. Une fois par semaine minimum, faites le tour de votre extérieur pour vider les soucoupes, retourner les arrosoirs et les seaux, nettoyer les gouttières, couvrir les récupérateurs d’eau avec une moustiquaire fine, combler les creux où l’eau peut s’accumuler, etc. Pour les points d’eau que vous ne pouvez pas vider (regards pluviaux, bassins d’ornement), des larvicides biologiques à base de Bti (Bacillus thuringiensis israelensis) peuvent être utilisés sans danger pour l’environnement ;
  • Se protéger des piqûres : le moustique tigre pique principalement en journée, avec des pics le matin et en fin d’après-midi. Porter des vêtements longs et clairs (les couleurs sombres les attirent) lors des activités en extérieur réduit les zones de peau exposées. Aussi, les répulsifs cutanés à base de DEET, d’IR3535 ou d’icaridine sont les plus efficaces. Pensez également aux moustiquaires de fenêtres et de portes, qui empêchent les intrusions à l’intérieur du logement.

Point d’attention : les solutions « miracles » sont à éviter. Les bracelets anti-moustiques, les appareils à ultrasons, les applications smartphone et les bougies à la citronnelle n’ont jamais démontré d’efficacité significative contre le moustique tigre ! Is procurent un faux sentiment de protection qui peut amener à négliger les gestes réellement utiles.

Maintenant que vous savez comment se protéger du moustique tigre, vous avez toutes les cartes en main pour éviter au maximum les piqûres. Toutefois, n’oubliez pas : lorsque la prolifération dépasse le stade de la simple nuisance, un traitement de désinsectisation professionnel ciblé peut être envisagé. Vous devez alors contacter une équipe de techniciens spécialisés ! Si besoin, contactez-nous.

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