À Marseille et dans l’ensemble des Bouches-du-Rhône, le moustique tigre fait partie du quotidien de mai à novembre. Petit, rayé de noir et blanc, silencieux, il pique en plein jour et se reproduit dans des quantités d’eau dérisoires. Comprendre son cycle change tout, parce que l’essentiel de la protection se joue chez soi, dans un rayon de quelques dizaines de mètres.
Pourquoi il prolifère autant ici
Le moustique tigre, Aedes albopictus, n’est pas un moustique de marais. Contrairement aux espèces autochtones qui se développent dans les zones humides naturelles, c’est un insecte urbain, parfaitement adapté à la ville, aux balcons et aux jardins.
Marseille lui offre des conditions idéales.
Le climat. Les étés chauds et les hivers doux du littoral méditerranéen lui assurent une saison d’activité longue, de mai à novembre. Les épisodes de pluie suivis de chaleur accélèrent son cycle, les larves devenant adultes en une semaine environ dans de bonnes conditions.
La densité des gîtes de ponte. Une femelle pond environ 150 œufs tous les douze jours, toujours dans de petites quantités d’eau stagnante. Et c’est là le point central : il n’a besoin ni d’un étang ni d’une rivière. Un fond de soucoupe suffit.
Les gîtes les plus fréquents que l’on trouve en ville tiennent en une liste courte, et presque tous sont chez les particuliers :
- Soucoupes de pots de fleurs sur les balcons et les terrasses.
- Gouttières bouchées par les feuilles.
- Bâches mal tendues sur un barbecue, un salon de jardin, une piscine.
- Récupérateurs d’eau de pluie sans moustiquaire.
- Pieds de parasol creux et supports de sèche-linge.
- Jouets, seaux, arrosoirs et brouettes laissés dehors.
- Regards de descente pluviale et caniveaux encombrés.
- Vases et coupelles de cimetière, y compris les compositions artificielles.
Son faible rayon de vol. Le moustique tigre se déplace peu : quelques centaines de mètres au plus au cours de sa vie. Autrement dit, celui qui vous pique sur votre terrasse est le plus souvent né chez vous ou dans le voisinage immédiat. Ce détail est décisif : il signifie que la lutte est efficace à l’échelle du domicile et de l’immeuble, à condition qu’elle soit collective.
Enfin, ses œufs résistent à la dessiccation et passent l’hiver collés sur les parois des contenants. Un pot vidé mais non brossé conserve une ponte prête à éclore à la première pluie du printemps.
Les risques sanitaires, sans dramatiser ni minimiser
Au-delà de la nuisance, des démangeaisons et des soirées gâchées, le moustique tigre est un vecteur avéré de la dengue, du chikungunya et du Zika.
Le mécanisme est simple. Une personne rentre d’une zone où le virus circule, infectée. Un moustique tigre local la pique, s’infecte, puis transmet le virus aux personnes qu’il pique ensuite dans le voisinage immédiat. On parle alors de cas autochtone : une contamination survenue sur le sol français, sans voyage.
Le bilan 2025 de Santé publique France marque une rupture nette : Provence-Alpes-Côte d’Azur a été la région la plus touchée de l’hexagone, avec plus de 450 cas autochtones de chikungunya et 16 cas autochtones de dengue. À Antibes, un foyer de chikungunya sans précédent en France métropolitaine comptait à lui seul 103 cas autochtones au 23 septembre 2025, selon la préfecture des Alpes-Maritimes.
Observé pour la première fois en France métropolitaine en 2004, dans les Alpes-Maritimes, le moustique tigre est aujourd’hui présent dans tous les départements de la région, Bouches-du-Rhône compris. La question n’est donc plus son arrivée, mais la gestion de sa densité.
Pour mémoire : le chikungunya provoque fièvre et douleurs articulaires intenses, avec une fatigue qui peut persister des semaines. La dengue se manifeste par une forte fièvre, des maux de tête et des douleurs musculaires, avec des formes sévères rares mais graves. Le Zika, peu fréquent en métropole, présente un risque particulier pour les femmes enceintes. En cas de fièvre inexpliquée après des piqûres, consultez et signalez que vous vivez en zone colonisée.
Se protéger : deux axes, dans le bon ordre
1. Supprimer les eaux stagnantes, une fois par semaine
C’est de très loin le geste le plus efficace, et il ne coûte rien. Une fois par semaine minimum, faites le tour de votre extérieur :
- Videz les soucoupes, ou remplissez-les de sable pour qu’elles retiennent l’humidité sans former de flaque.
- Retournez arrosoirs, seaux, brouettes et jouets.
- Nettoyez les gouttières et les regards pluviaux.
- Couvrez les récupérateurs d’eau avec une moustiquaire fine, bien tendue.
- Tendez les bâches ou rangez-les à l’abri.
- Comblez les creux et les pieds de parasol où l’eau s’accumule.
- Brossez les parois des contenants que vous videz : les œufs y adhèrent.
- Entretenez la piscine, même hors saison, et couvrez les bassins d’ornement ou introduisez-y des poissons.
Pour les points d’eau qu’il est impossible de vider, comme certains regards ou bassins, il existe des larvicides biologiques à base de Bacillus thuringiensis israelensis (Bti), utilisables sans danger pour les autres espèces et l’environnement.
Un point souvent oublié : ce travail n’a de sens qu’à l’échelle du voisinage. Un balcon irréprochable au-dessus d’une terrasse remplie de coupelles ne changera pas grand-chose. En copropriété, le sujet mérite un point à l’ordre du jour de l’assemblée générale, notamment pour les parties communes, les locaux poubelles et les jardinières collectives.
2. Se protéger des piqûres
Le moustique tigre pique de jour, avec des pics le matin et en fin d’après-midi.
- Les vêtements. Longs, amples et clairs : les couleurs sombres l’attirent. Il pique volontiers les chevilles et les mollets, souvent découverts.
- Les répulsifs cutanés. Les matières actives efficaces sont le DEET, l’IR3535 et l’icaridine. Respectez les concentrations et les restrictions d’âge indiquées sur l’emballage, en particulier pour les enfants et les femmes enceintes.
- Les moustiquaires. Aux fenêtres et aux portes, elles restent la barrière la plus fiable pour l’intérieur du logement. Une moustiquaire de berceau est indispensable pour un nourrisson.
- Le ventilateur. Peu spectaculaire, mais réellement efficace sur une terrasse : ce moustique vole mal dans un flux d’air.
Ce qui ne marche pas
Les bracelets anti-moustiques, les appareils à ultrasons, les applications pour smartphone et les bougies à la citronnelle n’ont pas démontré d’efficacité significative sur le moustique tigre. Le vrai risque de ces solutions est le faux sentiment de protection qu’elles procurent, qui fait négliger les gestes utiles.
Quand un traitement professionnel se justifie
Certaines situations dépassent la simple nuisance : jardin ou copropriété où la population reste très dense malgré la suppression des gîtes, terrasse de restaurant devenue inexploitable en fin de journée, camping ou résidence de tourisme, foyer voisin d’un cas signalé.
Une intervention professionnelle combine alors deux volets : un traitement des zones de repos des adultes, principalement la végétation dense et les parties basses ombragées, et un traitement larvicide des points d’eau impossibles à supprimer. Le résultat est net, mais il reste temporaire tant que les gîtes de ponte subsistent. Nous le disons systématiquement avant d’intervenir : le traitement accompagne la suppression des eaux stagnantes, il ne la remplace pas.
Basés à Martigues, nous exerçons depuis plus de vingt ans et sommes certifiés Certibiocide. Nous intervenons en désinsectisation sur Marseille, Aix-en-Provence, Istres, Salon-de-Provence, Marignane, Vitrolles, Aubagne et Fos-sur-Mer, chez les particuliers comme chez les professionnels. Le diagnostic et le devis sont gratuits, et nous sommes joignables 24 h/24 au 06 86 28 13 49.
Sources
- Agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte d’Azur, le moustique tigre : comment lutter contre sa prolifération et se protéger.
- Santé publique France, chikungunya, dengue, Zika, West-Nile en Paca : bilan 2025.
- Préfecture des Alpes-Maritimes, chikungunya à Antibes : point de situation.
- Anses, portail de signalement du moustique tigre.
